- Aucune idée, répondit Shige
- Ca fait quand même 2 jours qu'il est pas là ... remarqua Moriuchi
- Et c'est bientôt le bac.... dans un mois.... Pff flemme, dit Koyama
- J'ai appelé chez lui, mais il est pas là, dit Moriuchi
- Il est peut-être mort.
- Shige, dis pas n'importe quoi ! s'exclama Koyama
- Mais ça se peut !
- Salut les garçons ! salua Ayumi
- Eh Ayumi, t'aurais pas des nouvelles de Ryo ? demanda Moriuchi
- Non, malheureusement. Vous avez téléphoné chez lui ?
- Oui, mais ça répond pas.
- Je vous dis qu'il est mort.
- Il est mort ?! s'écria Ayumi
- Mais non, Shige raconte des bêtises. Faut pas le croire, Ayumi.
- J'ai eu peur !
- Mais il fera comment pour les cours ? demanda Moriuchi
- On aura qu'à les lui apportait, dit Ayumi
- Désolé, mais je peux pas. Je dois garder ma soeur, répondit Koyama en partant
- Et moi j'ai mon cours de guitare, dans une demi-heure, dit Moriuchi en rejoigant Koyama pour sortir
- Shige ....
- Je dois réviser. C'est bientôt le bac, dit Shige
- Oh, mais bien sûr, j'avais oublié, Monsieur doit réviser pour le bac, dit Ayumi en s'énervant
- Excuse-moi, mais c'est super important !
- Et la vie de ton ami, c'est pas important ?
- J'ai jamais dit ça.
- Peut-être, mais je suis sûre que tu le penses.
- Tu devrais aussi travailler. Tes notes sont en chute libre, je te signale. Et puis si ça se trouve, Ryo n'a qu'une toute petite grippe.
- Peut-être, mais contrairement à toi, je me fais du soucis pour mes amis.
- Ah oui, c'est vrai, contrairement à moi, tu te fais du soucis pour tes ex petits amis.
- Ryo n'a jamais était mon petit copain.
- Oui, mais tu aurais aimé qu'il le fut.
- Pfff, Koyama a raison : tu racontes vraiment n'importe quoi.
Ayumi se dirigea vers le numéro 103 de sa rue. Finalement, personne n'a voulu aller avec elle. "Ryo devrait changer d'ami" pensa-t-elle.
Arrivée devant la maison de Ryo, elle sonna à la porte. Personne. Elle sonna encore une fois. Silence absolue. "Shige avait peut-être raison ....". Mais elle ne pouvait pas croire cela. Elle sonna encore une fois, plus longtemps cette fois-ci, mais personne ne vint. Elle décida de rentrer chez son ami, même s'il fallait défoncer la grille. Mais celle-ci s'ouvrit en grinçant. Ayumi marcha jusque la porte de la maison, prête à courir. Elle frappa à cette dernière, mais rien ne vint. Elle tourna la poignée, et vit que la porte était ouverte elle aussi. "Bizarre..." pensa-t-elle.
Elle rentra dans la maison. La lumière du jour se répandit dans le vestibule rangé. Ayumi s'avança et appela son ami, mais elle n'entendit que l'écho de sa voix. Elle alla dans la pièce d'à côté : c'était le salon. Elle tourna les talons et marcha en direction de la porte suivante ; elle l'ouvrit et vit que c'était la cuisine. "Pas d'autres pièces au rez-de-chaussée." Elle monta l'escalier en colimaçon et appela à nouveau Ryo. Toujours rien. Elle décida de fouiller toute la maison pour trouver le moindre indice de son ami, en commançant par vérifier les chambres. Elle ouvrit donc la porte qui se trouvait à sa gauche : un lit, une table avec une chaise, une armoire et une photo accrochée au mur. Elle s'approcha de la photo, et vit qu'il s'agissait de Tegoshi et de son ami Massu. Elle se replia dans le couloir et ouvrit la seconde porte : un lit-double cette fois, une penderie, une table à coiffer ; ce ne pouvait être que la chambre des parents. Elle partit dans le couloir et ouvrit la troisième porte : c'était la salle de bains. Elle retourna dans le couloir et mit la main sur la poignée ; cette pièce, ce ne pouvait être que la chambre de Ryo. Elle poussa sur la poignée et regardant à l'interieur, elle restât sur le palier, ne pouvant entrer, tellement elle était pétrifiée.
La chambre était dans un piteux état : le matelas du lit était par terre, les rideaux étaient étalés sur la porte de l'armoire, un monceau d'habits était éparpillé partout dans la pièce. Ayumi posa les devoirs au sol, sur lequel gisaient des montagnes de photos. Elle en ramassa une : c'était Ryo avec une personne, mais Ayumi ne pouvait la reconnaître ; elle avait été passée au marqueur. Ayumi prit une autre photo, arrachée cette fois-ci ; elle reconnut alors sa meilleure amie.
Ayumi leva la tête vers Ryo ; il était assis sur l'unique meuble encore debout, c'est-à-dire une chaise. Il avait la tête dans le smains ; Asagi aurait parié qu'il avait pleuré la nuit entière, même les deux jours durant lesquels il était absent au lycée.
Elle s'avança vers lui, mais il lui dit :
- Qu'est-ce que tu me veux ?
- Ryo, je ... Tu étais absent pendant trois jours ; je suis donc venue apporter tes cours.
- J'en veux pas.
- Mais, comment tu vas faire pour le bac ?
- J'le passerai pas.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- C'est ma vie, j'ai le droit de faire ce que je veux, non ?
- C'est absurde.
- C'est toi qui es absurde. Tu peux rentrer chez toi, maintenant.
- Non. Je ne rentrerai pas chez moi avant de savoir pourquoi tu n'étais pas là en cours et pourquoi tu ne veux pas passer ton bac. Sans ça, tu ne trouveras jamais de travail. Tu ne feras aucune étude.
- T'es venue ici pour me passer les devoirs ou pour me gueuler dessus ?
- Je suis venue ici parce que je m'inquiétais pour toi.
- Bah, c'était pas la peine.
- Comment tu peux dire une chose pareil ? Tu es malheureux, ça se voit. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Tu veux vraiment savoir ?
Ayumi secoua la tête du haut vers le bas. Ryo se leva et s'approcha du miroir. Ayumi baissa la tête et vit une seringue avec à côté un plastique. Vides. Elle releva la tête vers le lycéen, quand il prit la parole :
- Il y a trois jours, j'ai vu Asagi embrasser un autre mec.
Ayumi n'en coyait pas ses oreilles. "Comment Asagi aurait-elle pu faire ça ?" Elle fixa Ryo, quand celui-ci frappa violemment le miroir. Ce dernier se fissura de toutes parts; mais Ryo tenait toujours sa main contre l'objet cassé [7 ans de malheur xD]. Du sang se mit à perler sur le sol et le long de son bras. Des larmes aussi.
- Ryo, mais qu'est-ce que tu as fait ?
Il retira son bras ensanglanté du miroir, et se dirigea vers une petite armoire. Il s'arrêta, hésita, puis regarda Ayumi.
